Earl Lloyd : le premier Noir sur un parquet de la NBA

Earl Lloyd est né le 3 avril 1928, il y a exactement 93 ans. 22 ans plus tard, il devenait le premier Noir de l’histoire à monter sur un parquet de la NBA. À l’instar de Jackie Robinson au baseball, l’Afro-Américain est devenu un pionnier du basketball et une lueur d’espoir pour les jeunes Noirs qui désiraient jouer sans être victime de racisme.

Natif d’Alexandria, en Virginie, Earl Francis Lloyd a vécu son enfance dans une famille plutôt démunie entre la Première et la Seconde Guerre mondiale. Il a pratiqué le basketball dès son entrée à l’école dans sa région. Lloyd attirait déjà l’attention et se faisait appeler le Moon Fixer, en raison de sa taille et de son fabuleux jeu défensif.

Lors de l’encan annuel en 1950 présenté à Chicago, le nom de celui qui a notamment mené West Virginia à une saison sans défaite lors de son passage à l’université a été prononcé par les Capitols de Washington comme 100e choix du repêchage. Sept mois après cet évènement, le jour de l’Halloween, Lloyd a fait ses débuts avec l’équipe. Une carrière marquante l’attendait.

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Sur le parquet, The Big Cat, surnommé ainsi en raison de son excellent jeu en zone défensive, n’était pas le joueur le plus dominant. Mais il a tout de même accumulé 4 682 points lors de ses 560 parties en NBA. Ce dernier a connu sa meilleure moyenne de points par partie (10.2) lorsqu’il a remporté les grands honneurs en 1955 avec les Nationals de Syracuse, aujourd’hui nommés les 76ers de Philadelphie.

« C’est une star méconnue. N’importe qui peut marquer. Lloyd était un excellent joueur défensif. C’était le n° 1 sur ma formation. »

– Al Cervi, entraîneur des Nationals de Syracuse

La carrière de l’ailier a pris fin avec les Pistons de Détroit en 1960. On lui a immédiatement offert de devenir entraîneur avec les Pistons, chose qu’il a refusé. Cependant, en 1971, il a accepté le poste et il est devenu le troisième entraîneur-chef afro-américain de l’histoire de la ligue après John McLendon et Bill Russell. L’expérience n’a duré qu’une saison, mais elle a marqué l’histoire.

Malgré sa couleur de peau, Earl Lloyd affirme ne pas avoir vécu beaucoup de racisme durant sa carrière.

« Je ne pense pas que ma situation ressemble à celle de Jackie Robinson – un gars qui a joué dans un environnement hostile, où certains de ses coéquipiers ne voulaient pas de lui. Au basketball, les gens avaient l’habitude de voir des équipes universitaires intégrées. Il y avait une mentalité différente. »

– Earl Lloyd

The Big Cat a été intronisé au Temple de la renommée du basketball en 2003. Malheureusement, il s’est éteint le 26 février 2015 à l’âge de 86 ans. Après sa mort, le président du Basketball Hall of Fame, John Doleva, a répété que Lloyd n’était pas un joueur comme les autres.

« Earl Lloyd était un véritable pionnier du basket, en tant que joueur qui brise les barrières mais aussi en tant qu’entraîneur et en tant qu’administrateur. Il avait un amour immense pour le jeu et il a utilisé son succès pour éduquer le plus grand nombre. Son immense carrière de basketteur mise à part, il était aussi un des individus les plus humains et respectueux que le basket a connu. »

– John Doleva
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Nickolas Bergeron
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